
«
Il y a bien longtemps, dans une belle maison vivait un couple très gourmand »
.Ce qu'il y a de superbe avec les contes africains, c'est qu'ils donnent des leçons de morale très réalistes, sur le ton de la plaisanterie
Racontés par les griots, ils permettent souvent, outre la diffusion de la tradition orale, de relater des comportements sociaux ou familiaux, lors des cérémonies, comme par exemple lors des mariages.
Comment est-il possible que le jeu du « Roi du silence » puisse laisser un honnête homme de famille sans biens
et sans femme? La
gourmandise, dirons-nous, peut produire des situations auxquelles on ne s'attend pas !
Dans le conte intitulé « Le Premier qui parle », un homme a proposé un marché à sa femme pour savoir qui mangera le dernier gâteau de riz
Le premier qui parle a perdu !
Un voleur arrive et commence à usurper tous les biens du couple, sans que ces derniers ne puissent dire un mot
Au moment où le voleur s'apprête à emmener la femme, celle-ci finit par s'écrier: "Tu vas rester là, tu vas le laisser m'enlever sans même protester !" Et le mari de répondre : "C'est toi qui a parlé la première, et donc c'est moi qui mange le dernier gâteau de riz."
Une leçon sur la tchatche féminine, sur la
gourmandise des hommes, sur l'entêtement d'un couple à avoir raison ? En tout cas, le lecteur tirera sa morale de cette histoire pour le moins étonnante
Dans un pays où la littérature écrite n'a pas encore entaché la littérature orale, cette petite anecdote, entre le conte et le proverbe, est bien succulente et surtout significative de l'humour africain
Crédits photo:
case par sama sama,
riz par boyznberry