
Carandiru, la plus grande prison du
Brésil, mais aussi
une des plus violentes d'Amérique du Sud, était située à
Sao Paulo. Inaugurée par le maire de l'époque en
1956, conçue pour n'
abriter que 3 000 prisonniers à la fois de bonnes conditions et être une prison modèle, dans les faits ce centre pénitentiaire
accueillait plus de 8 000 tolards ! Autant dire que
les conditions de détentions n'étaient vraiment plus adaptées, ni à montrer en exemple. Le quotidien des détenus de Carandiru se résumait à la
drogue, aux bagarres, aux meurtres dans l'enceinte de la prison. Un détenu sur 5 était atteint du sida, mais les soins étaient loin d'être à la hauteur.
L'épisode le plus sombre de cette triste histoire eu lieu en 1992, le 2 octobre. Connu sous le nom
de Massacre à Carandiru. Ce jour-là
les prisonniers ont tenté une rébellion pour dénoncer leurs conditions de vie dans la prison.
L'émeute devenue incontrôlable,
la police militaire est entrée en jeu, et sur
les 111 détenus morts en ce 2 octobre, 102 furent tués par les balles des policiers. Ce jour noir est resté dans les mémoires.
Les prisonniers ne sont pas les seuls à avoir dénoncé
les pratiques contraires aux droits de l'Homme dans ce centre. Drauzio Varella, médecin à Carandiru de
1989 à 2001 a écrit un livre poignant (Estação Carandiru) sur son expérience, les conditions de vie déplorables des tolards. Le réalisateur
Hector Babenco tourna un film, une
adaptation du livre dans l'enceinte même de Carandiru, avant que celle-ci soit détruite le 9 décembre 2002.Depuis, le site est
en reconstruction, mais il ne s'agit pas de prison. Cet endroit est maintenant
dédié à un parc pour les jeunes, pour leur permettre de pratiquer des activités en extérieur.Crédit photo:
carandiru par leduardo