Tourisme et Développement Solidaire

Alors que vient de s’ouvrir à Paris le fameux Musée du Quai Branly, consacré aux arts premiers, qui participe de la lutte contre l’ethnocentrisme en offrant un écrin de choix aux Å“uvres des peuples d’Afrique, d’Océanie, d’Asie et d’Amérique, une tendance non pas identique mais proche dans l’état d’esprit s’affirme dans le domaine touristique: l’organisation d’un tourisme qui se veut solidaire, en termes de développement, des pays qu’il s’assigne comme destinations, et surtout de leurs peuples. Dans les deux cas, outre le voyage spirituel par le biais artistique, ou le voyage réel, il s’agit entre autres de régler ses comptes avec le complexe de supériorité occidental.
Il importe, selon l’une des associations françaises (TDS: Tourisme et développement solidaires) ayant part à cette évolution, de mettre en place un projet innovant de tourisme équitable et solidaire au service d’un développement durable des communautés d’accueil
, inspiré de l’agritourisme et du tourisme social
, et d’instaurer un tourisme fondé sur l’échange et la rencontre par le partage de la vie quotidienne, dans un esprit “solidaire” et “responsable”.
Ce projet, pour une association comme TDS, s’appuie sur un double engagement: celui de l’association et des touristes d’une part, à aider les peuples du Sud à valoriser leur patrimoine culturel, environnemental et traditionnel; celui du village d’accueil d’autre part à gérer l’activité touristique même: construire la structure d’hébergement, et plus encore, gérer les revenus de l’activité dans son ensemble.
Pour avoir un aperçu du séjour lui-même, lisons cette description, prélevée sur le site de l’association, d’une journée TDS dans un village du Burkina Faso ou du Bénin:
Au petit matin, à l’heure où le village s’éveille, vous rendrez visite aux maraîchers dans leurs jardins. Puis, pendant que vous vous initierez à la poterie ou à la vannerie avec les artisans locaux, d’autres iront voir travailler le boulanger ou répondront à l’invitation des élèves et de leur instituteur. A moins que vous ne préfériez aller à pied ou en vélo jusqu’au village voisin où se déroule aujourd’hui le grand marché. Le soir, c’est l’heure des palabres dans la grande cour de la concession à l’architecture traditionnelle où vous êtes logés. Située dans le village même, elle devient le point de ralliement de nombreux jeunes venus discuter avec les étrangers. Et certains soirs, c’est le village tout entier qui s’anime pour une de ces fêtes pleines de musique, de chants et de danse qui rythment la vie de la communauté.
En 2005 et depuis la création de TDS en 1998, 522 voyageurs avaient choisi cette formule. Environ 17 % du prix d’un séjour étaient dédiés à la rémunération des prestations du village d’accueil, qui dégageait une marge bénéficiaire nette de l’ordre de 20 % de son chiffre d’affaires, réinvestis dans des projets de développement communautaire de son choix. (Source: Alternatives Economiques).
Cette démarche solidaire est en vogue, et de nombreux organismes et associations sont sur la brèche, notamment au sein de la fédération LVT (Loisirs Tourisme Vacances):
- La Route des Sens (Panama, Maroc)
- Palangrotte (Sénégal)
- Terres Lointaines (Argentine, Bolivie, Chili, Equateur)
- Rencontres au bout du monde (Himalaya, Inde du Nord, Kirghizie, Namibie)
Au-delà du particulier, le tourisme solidaire s’inscrit dans le souhait d’organisations internationales et intergouvernementales de promouvoir une réflexion sur la relation entre tourisme et diversité culturelle, tourisme et dialogue interculturel, et tourisme et développement
.
Pour ce qui est des chiffres et selon l’étude suivante, (publiée en 2003) si l’on considère que le tourisme issu des pays du Nord représente 80% des touristes qui se déplacent chaque année et que 15% d’entre eux vont vers les pays du Sud, le marché potentiel mondial du tourisme solidaire se situerait entre 4 et 8 millions de touristes
.
Voir aussi les textes et chartes du tourisme solidaire.
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Intéressant mais…
"pendant que vous vous initierez à la poterie ou à la vannerie avec les artisans locaux"
N’est-ce pas un poil miche?
Cher Monsieur Mitch,
Nous ne portons pas de jugement sur les termes employés par TDS.
Nous tenons simplement à répertorier les orientations actuelles du tourisme.
Merci pour vos commentaires en tout cas.
Permettez moi Monsieur Mitch,
mais "…d’aller voir travailler le boulanger…" risque d’être bien plus miche, et pas d’un poil mais d’une ficelle au moins.
Pardon…
Calembours à part, le billet est très intéressant.Je n’ai pas encore lu les liens et c’est donc un avis naïf que j’exprime; mais je crois le concept bon dans ces grandes lignes. Au moins, ça ressemble à un voyage, repondant de plus à certains problèmes liés au tourisme en donnant conscience au visiteur de son environnement. Mais j’ai aussi très peur des dérives.
Jean-Baptiste vous restez très objectif. Un avis?
Deflush (seriez-vous norvégien?),
Votre calembour était, ma foi, grandiose, bien qu’assez "praillevette djoque".
En ce qui concerne TDS, le principe lui-même est déjà , je pense, une dérive, pour reprendre vos termes.
Mais c’est là mon point de vue, et je le partage.
Mitchement vôtre,
RMM.
Il existe un nouveau journal sur internet qui traite des sujets comme le commerce équitable et le tourisme solidaire.
Je vous le conseil, son nom: L’avisé
www.lavise.fr